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 How we meet again | Barbatos

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Leigh E. Cooper
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MessageSujet: How we meet again | Barbatos   Ven 10 Déc - 17:53

Un étrange silence avait empli sa tête. Une sourdine qui lui donnait la nausée. Il n’avait sensation de plus grand-chose, mis à part peut-être une vague pensée d’avoir échappé à la mort. Un bourdonnement dans ses oreilles l’empêchait d’entendre les bruits environnement. Où était-il ? Il était incapable de le dire. La torpeur de son esprit l’enveloppait dans un doux mensonge auquel il aurait aimé succomber. La mort , selon lui, l’accueillait déjà comme un vieil ami. Cet état transitoire cependant ne dura qu’un temps. Rapidement un froid s’insinua dans ses os, le faisait trembler d’une nouvelle appréhension. Le sol mouillé frappait sa joue qui souffrait d’avoir ce contact dur et irrégulier sous elle. Une odeur d’herbe fraiche emplit ses narines, mêlées d’un froid qui torturait à chaque respiration. Leigh n’eut pas grande envie d’ouvrir les yeux au fur et à mesure qu’il reprenait possession de ses facultés. Les informations arrivaient au fur et à mesure et après quelques minutes, il sut qu’il était allongé, à plat ventre dans un environnement contenant de l’herbe…un parc peut-être…pas une forêt, …un jardin peut-être…Ses yeux finirent par s’ouvrir, il ne fut pas ébloui, mais resta immobile, attendant que sa vue soit moins floue. Il voyait au loin indistinctement des lumières, alors qu’autour de lui, la pénombre de la nuit régnait en maitre. Était-ce le passé ? Avait-il vraiment réussi ? Il allait le savoir dans peu de temps.

Rassemblant ces forces il se hissa en position assise. C’était une étrange sensation que celle de n’avoir plus aucune force physique. Il se demandait si les autres qui avaient traversés avaient aussi ressenti un tel vacillement. De sa nouvelle perspective il sut qu’il était à Central Park, où exactement dans Central Park, il ne sut le dire, mais il était à New York, ça il le savait. Assis au beau milieu d’un des chemins, il contemplait les alentours. Pas de cris, pas d’odeur de magie, pas d’explosion, une étrange tranquillité des lieux. Ses doigts effleurèrent l’herbe. Mère nature était toujours aimante avec les gens de la magie, elle était une source de réconfort et parfois même redonnait sa puissance aux sorciers. Elle ne fit qu’apaiser le mage qui à présent comprit pourquoi il se sentait aussi faible. La douleur…la douleur s’était manifestée. Electrisante, paralysante. Elle arracha un gémissement au sorcier qui baissa le regard vers l’endroit qui le tourmentait tant. Sa chute avait eu une malheureuse échéance, car une tâche poisseuse, rougeâtre se présentait comme une étonnante évidence sur le flanc de Leigh. Il ne se rappelait pas s’être blessé, mais en regardant sur quoi il était tombé, le fus banc en bois eut comme dernier soupir d’enfoncer dans sa chair un bout de son ossature. Pas étonnant qu’il ne s’était pas senti très bien. De ses doigts fins, il se saisit du bout de bois et après une grande inspiration, tira un bon coup, ce qui bien entendu lui arracha un cri de douleur qui le força à se pencher en avant. Il savait que s’il ne se soignait pas rapidement, il allait se vider de son sang. Posant sa main sur la plaie pour faire pression, il ferma les yeux et se concentra. L’incantation ne fut prononcée que dans un murmure…et dans un son sinistre, la chair lacérée se referma…juste assez pour permettre la survie, car dans de telles conditions, Leigh ne pouvait opérer une complète guérison. L’homme finit par se redresser et tituba pour sortir du parc. Il ne pouvait aisément pas rester dans cet endroit. Même s’il faisait nuit, ce qui expliquait le manque de lumière, il ne tenait pas à ce que la police ou toute autre personne ne tombe sur lui.

Ses pas le menèrent vers une série de bâtiments miteux. Il savait que ce n’était pas le luxe, mais il devait se tenir à carreaux et surtout attendre qu’il aille mieux. Les jours qui suivirent son arrivée, il se contenta d’observer les gens, et dut constater que les années 2010 étaient bien différentes de l’image qu’il s’en faisait en ayant 8 ans. Mais ce qui l’inquiétait était que sa magie ne fonctionnait pas correctement. C’était toujours approximatif, comme si quelque chose manquait. Pourtant il avait vérifié, sa bague était toujours en place et il pratiquait toujours la magie avec la même grâce et dextérité qu’avant. Après 4 jours, la plaie s’était infectée, mauvais pour lui, mais tête de mule qu’il était, il ne voulait pas se faire soigner de façon traditionnelle. Assis dans le fauteuil miteux, il prit finalement un couteau et se taillada le bras avant de dessiner sur les murs adjacents d’étranges symboles. Il aurait voulu des circonstances différentes pour revoir celui qu’il allait appeler, mais il avait besoin de prendre pied, d’avoir un contact. Leigh se redressa, déglutit et prononça enfin le nom qu’il avait sur les lèvres depuis une semaine.

« Gabriel »

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MessageSujet: Re: How we meet again | Barbatos   Sam 11 Déc - 22:30

Je jette un coup d'œil à le nouveau venu, Alricaus. Ce dernier me dévisage, je sens son regard intense posé sur moi. Je reste de marbre, ce qui n'est pas diablement pas facile suite à cet épisode érotique. Mais je prends un soin extrême à choisir mes compagnons, Alricaus n'est pas seulement un puissant guerrier et meneur d'homme, il a une logique et un sens de la déduction incroyable. Même si, la plupart du temps, il m'est aisé de ne laisser transparaître aucune émotion. Eh bien, mon cher, vous étiez visiblement plongés dans un rêve, ma foi, très réaliste.Le démon a léger sourire tandis qu'il fait quelques pas dans la pièce. Il y a maintenant un semblant d'ordre dans ma tête. Je passe une main rapide dans mes cheveux sombres, je reporte mon attention sur Alricaus. Celui-ci fait le récit des ragots de la cour infernale, avec son point de vue bien sarcastique. Certains se demandent encore pourquoi bon nombre de marquis ont quelques... désaccords avec le chef de guerre. Il me rappelle également le rendez-vous avec l'un des rois des Enfers. Je me lève, lui dis que je serai prêt. Après le départ de mon camarade, je prends une douche, glaciale. Habillé, sobrement, je m'en vais rejoindre Alricaus. Nous marchons dans le silence, plongés respectivement dans nos pensées. Je sentis que mon compagnon devenait tendu au fur et à mesure que nous approchions de la grande salle. Le démon entretenait une relation ambiguë avec la nièce du Roi, or celle-ci était « irréprochable », en d'autres termes, destinée à un mariage arrangé. Alricaus ne serait jamais pressenti pour être choisi par le Roi, sa fougue et son cynisme déplaisaient. Même dans la cour démoniaque, il y avait la bienséance à respecter. Or, ce guerrier aguerri s'en contrefoutait royalement. Quelques pas, la porte s'ouvre, nous dévoilant au souverain Belzébuth. Des démons étaient présents, ainsi que quelques créatures magiques. J'aperçus Hermoni, qui posa un long regard sur moi. Cet ange déchu, maître des exorcismes, de la magie et de la sorcellerie, avait été l'un de mes premiers amants. Depuis, nous nous déchirons, pour parfois mieux nous retrouver. Mais cette situation est de plus en plus délicate, surtout depuis qu'il a eu connaissance de mes anciennes relations avec Gabriel. Cela remonte à bien longtemps, pourtant, ses sentiments sont toujours aussi vifs. Le monarque nous accueille, nous nous inclinons, la séance débute. Qu'est-ce donc ? Quel est cet appel qui résonne dans tout mon être ? Ce murmure... Même signature énergétique que dans mes songes... Je ne bouge pas, mes pupilles se dilatent. L'entrevue se termine, enfin, je me retire. Je reste un instant dans un couloir, en proie à mes émotions. Machinalement, mes yeux tombent sur l'inscription gravée en or pur : « La joie et l'harmonie régnaient autour du Trône de l'Eternel, lorsque l'envie et la jalousie s'emparèrent de Moïsasour et des autres chefs des bandes angéliques. Ils oublièrent les devoirs qui leurs étaient imposés; s'éloignèrent de l'obéissance qu'ils devaient à l'être suprème, et refusèrent de se soumettre à son vice-gérant et à ses coadjuteurs Bistnoo et Sieb. Ils dirent en eux-mêmes : nous voulons gouverner, et inspirèrent la même ambition à un grand nombre d'anges qui se séparèrent avec eux du trône de l'éternel. Dieu, irrité du crime de ces rebelles, après les avoir fait avertir inutilement de rentrer dans leur devoir, commanda à Sieb de les chasser du ciel, et de les précipiter dans les ténèbres épaisses pour y souffrir des tourments éternels. » Alors le feu dévore mes pieds, mes jambes jusqu'à mon torse et je disparais. Je marche d'un pas vif dans un quartier pauvre. Mes cheveux sont ébouriffés par l'air froid, tandis que mon long manteau noir laisse entrevoir mon torse visible à travers mon t-shirt blanc. Je capte une signature... la signature. Je presse le pas, me voilà devant une porte. Sans hésitation, je l'ouvre. Je jette un coup d'œil circulaire, sur la défensive. Et il est là. Je ne fais aucun mouvement, observant cette homme inconnu et pourtant si familier. Je considère par la suite les symboles inscrits aux murs. Alors ma voix à l'accent traînant, au ton neutre et glacial s'élève : Que faîtes-vous ici ?


Dernière édition par Barbatos le Dim 24 Juil - 20:20, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: How we meet again | Barbatos   Dim 12 Déc - 5:22

Mon cœur se serrait. J’avais osé l’appeler. Je savais que c’était une erreur, mais diable que j’avais besoin de lui. J’avais besoin de ses mains, son regard, ses lèvres, j’avais besoin de son être, de cette voix si électrisante murmurant à mon oreille des mots d’amants. J’avais besoin de m’abandonner dans le frisson d’exaltation de son souffle sur ma nuque. J’étais un vulgaire drogué, en peine d’avoir sa dernière dose. Une dernière volonté avant de mourir. Jadis, quand j’interrogeais un témoin, explorant son esprit sans aucun égard, je tombais souvent sur cette étrange image. Une vague peinture d’un espoir que j’associais à un moyen de me résister : les retrouvailles avec les êtres chers. Pour moi rien de plus qu’un espoir de condamné …quelle ironie...l’était-je ? Un condamné ? Emprisonné dans cette miteuse demeure que la moisissure et les excréments de rats avaient délabrés au fil des années ? Cette pièce où trônait un malheureux fauteuil éventré, un lit dont le bois était mangé par les vers et qui sentait une odeur de mort. Ce même lit que je n’avais quitté depuis ma venue dans ce monde. Mon corps ressemblait étrangement à ces lieux…il pourrissait…pourrissait parce que je ne pouvais le soigner correctement. J’avais survécu à tant d’attaques, tant d’attentats…et il fallait qu’un simple voyage dans le temps, une simple arrivée malencontreuse me condamne à cette perforation de ma chair. J’ai cessé de changer les bandages…à quoi bon, dans ce trou à rats, les torchons n’ont guère la blancheur d’autrefois…mourir…je n’avais jamais pensé à la mort auparavant. Elle ne s’était jamais imposée avec tant de violence et de clarté à mon esprit. Elle n’avait jamais été une obéissante accompagnatrice de mes journées. Je ressentais une inouïe compassion pour tous ces partisans de Merlin, pour tous ces hommes qui foulaient la Terre sans savoir quand leur heure viendrait. Mais plus elle approchait, plus je me résignais à elle. Sans doute une naïve conception qu’une fois mort, je pourrais m’en aller vers celui à qui j’appartenais. J’ai toujours prétendu n’avoir de maitre, toujours prétendu que je servais cette brave Dame Morgane par conviction. Mensonges….Mensonges si bien filés…mon maitre porte autre nom…mon maitre …mon amant….celui qui m’avait consumé et après ce qu’était réellement ces lettres imprononçables…celui que l’on m’a arraché et dont je porte encore la douleur, comme une mère dont on enlève le nourrisson au sein…j’ai été un terrible fou…mon jugement n’est plus celui du sorcier que j’étais…il est celui d’un homme, un homme aux portes de la vie éternelle qui demande à voir une dernière fois, un visage qui fut le seul notable de sa vie….

Qu’était-ce donc ? La fièvre ? Me jouait-elle encore une de ces cruelles farces de me montrer ce que je voulais ? Je connaissais ce bruissement, ce murmure dans la brise du soir qui annonçait sa venue. L’on apprend ces choses à force de les côtoyer. C’était comme un élément dérangeant venait de s’inviter, sans qu’on puisse le détecter ou le définir. L’attente ne serait plus très longue à présent. Jamais en ces derniers jours, étais-je resté aussi longtemps debout. Mes jambes, raides, peinaient à tenir mon poids, ce qu’il restait des beaux jours…je n’avais pas besoin de me regarder dans le miroir pour savoir que je n’étais plus que l’ombre de l’homme que j’étais…un fantôme, hanté par les voix de son passé. Elles tourbillonnaient, tels de petits lutins, se moquant de ma faiblesse. Ma chère mère, n’aurais-tu donc pas choisir maléfice moins douloureux pour ton fils ? La porte s’ouvre, une douce tiédeur emplit la pièce jusqu’à présent glacée. Je n’ose le regarder. Je n’ose me montrer à lui. Une étrange timidité me force à rester en retrait, comme un animal blessé reste farouche devant une main qui pouvait être aimante ou non. Je ne pensais en fin de compte qu’il viendrait. Pas qu’il daignerait venir à cause d’un prénom. Mon regard fatigué s’attarde sur cette fresque de sang , peint de mes doigts. Une protection et discrétion. Une habitude surtout. Afin que personne ne puisse savoir qui était dans cette pièce et de quoi il conversait. Je reste silencieux. Je sais très bien qui est à quelques mètres de moi et même si mon corps fébrile cherche désespérément à retrouver ces courbures si réconfortantes, mon esprit le somme de ne pas bouger. Il pourrait être là pour me tuer et non m’aimer…blasphème de parler d’amour pour un démon. Quand il m’adresse finalement la parole, je ne peux que le fuir un peu plus du regard. Quelle lâcheté. Mais j’ai honte. Honte d’être venu, honte de ma faiblesse, honte de me présenter comme cela à lui. J’ouvre la bouche…elle est sèche…ma voix est rauque quand sortent ces quelques mots de mon gosier.

« Ce que je fais ici ?...Mourir …comme la plupart des êtres vivants à la surface de cette planète… »

Je ne voulais rien précipiter, mais la douleur se faisait toujours pressante au mauvais moment et je ne tenais pas à perdre contrôle sur ma voix.

« Je ne m’attendais pas …à ce que tu viennes » avouai-je, sachant qu’à cette période rien ne le liait à moi. Ma voix avait malgré moi un air une nuance de soulagement.

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MessageSujet: Re: How we meet again | Barbatos   Dim 26 Déc - 1:02

« Je suis fêlé. Surement fou, un psychopathe misanthrope. Surement. Mais vous. Vous n'êtes que des moutons. Des moutons sans importance dont le but est d'errer en se gratifiant de la présence d'autrui. L'humanisme est périmé. Vous n'auriez jamais dû naître, vous n'êtes là que pour user bêtement les ressources de la Terre. Qu'avance t-il à l'homme de faire cela, si cela n'est que de gâcher celle d'un autre ? Je suis différent. Oui. Différent. Vous, vous seriez prêts à me lapider. Car je ne suis pas comme vous. Alors, allez y. Lynchez moi, frappez moi, maltraitez moi. Mais, moi, je reste ce que je suis ». Je ne comprenais pas, je ne saisissais pas... Et diable que cela m'énervait ! Or, mes traits avaient prs l'apparence d'un homme, que dis-je, d'un démon tranquille. J'avancais lentement dans la pièce, aux aguets. La magie pouvait se sentir à dix lieues, puissante et... étrange. Oui, vraiment étrange. On pouvait reconnaitre l'influence morganienne, mais différente. Je passai un long doigt sur les inscrptions aux murs. Il était évident que ce sorcier me connaissait. J'avais tantôt pensé à un enchantement, hypothèse qui aurait pu être bonne. En effet, cet inconnu semblait en connaître un rayon niveau sorcellerie. Or j'avais une excellente contre-hypothèse : l'inconnu venait du futur. Il y aurait donc là une explication à mes... visions. Et à cette impression que j'ai de connaître cet individu... Un effet à mes pouvoirs de voyager par la pensée entre passé et futur. Cela m'inquiète un peu... Un de mes oncles avait ce même don, résultat, il s'est retrouvé coincé entre les temps anciens et à venir. Absorbé par le fil des mes reflexions, j'en viens à ignorer la cause de celle-ci. Je me tourne sans bruit vers lui, écoutant distraitement sa réponse, comme toujours. Je viens vers lui, souriant du contenu de sa réplique. Les yeux parcourant l'immensité du plafond, je laisse ma voix élégante, froide commentait : Eh bien, voilà un charmant dessein... J'espère que vos... trois, quatre... cinq araignées sont au courant ? Mon regard se pose finalement sur lui, avec cette même indifférence amusée qui m'est propre. Il est inutile de préciser qu'au dedans, c'est le feu. Je brule de savoir qui est cet homme, le sens de cette phrase... Je le dévisage ouvertement, c'est bien connu, j'aime la provocation. Hm... Je le contourne, finis l'inspection de la pièce. Conclusion : l'habitant n'avait jamais eu contact avec une serpillère ou autre produits ménagers. Je me replace au milieu de la pièce, les mains croisés derrière mon dos. Je me penche légèrement en avant, mon sourire en coin à nouveau sur mes lèvres. Tu ? Eh bien, vous allez vite en besogne mon bon monsieur... D'ordinaire je suis "l'homme" entreprenant, si vous voyez ce que je veux dire. Pas que le rentre-dedans ne me déplaise guère... Mais tout celà, j'imagine, vous en avez la connaissance ? D'une seconde à l'autre je me trouvai près de lui, le scrutant intensément des yeux, comme si la réponse allait s'afficher sur sa belle figure. Oui, ce sorcier devait connaître mes gouts en matière d'amour courtois, puisqu'il m'avait appelé. Mais que diable faisait-il ici ? Cet homme allait changer son avenir, et celui de son entourage. Cela me concernait, puisque manifestement, j'en faisais partie. Et puis, il y avait ce foutu désir, me consumant, entier. Je me sentais tantôt sous l'emprise d'un autre moi, de ce futur. Et il y avait mes émotions présentes, actuelles. Alors c'était le bordel dans mes sentiments, encore plus que d'ordinaire. Je risque bientôt de ne plus répondre de mes actes, ne faîtes pas comme si je n'avais pas prévenu.


Dernière édition par Barbatos le Lun 25 Avr - 16:24, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: How we meet again | Barbatos   Lun 27 Déc - 0:24




C'est ainsi qu'un amant dont l'ardeur est extrême Aime jusqu'aux défauts des personnes qu'il aime.
Molière, extrait de Le Misanthrope

Je me rappelais maintenant pourquoi ce démon m’avait tant agacer la première fois que je l’avais vu. Il savait pertinemment que je souffrais, que j’avais besoin de son aide, et bien entendu il faisait le tour du propriétaire…j’en souriais…il avait toujours eu cette joie de me voir souffrir…enfin, souffrir quand lui en était la cause…car paradoxalement pour un démon de sa carrure, il tenait à moi…c’était une certitude que je portais en moi, gravé comme mots dans la pierre. Il semblait perplexe, plongé dans ses réflexions. Malgré mon envie incessante de m’effondrer, je ne pus que l’observer, dans toute sa splendeur. Ma mémoire commençait à avoir des détails fades concernant son physique, non pas que cela soit important, mais il avait toujours aimé prendre cette forme avec moi…ce bel homme à la beauté slave, française, l’on ne saurait le dire. Avec la nonchalance légendaire, et son air indifférent, il vint finalement à s’intéresser à ma personne. Je le connaissais assez pour savoir que sous la surface, cela devait bouillir. Il était loin d’être un idiot, les réflexions devaient se bousculer et il devait avoir une, deux, voir une hypothèse finale en tête.

« N’est-ce pas…je me suis dit que quitte à fournir une âme hybride au passé, autant le faire en compagnie d’octopèdes… »

Je me trahissais beaucoup dans cette phrase. Mais j’aimais mettre dès le départ les points sur les « i ». De toute façon, il sentait de loin que je n’étais pas comme les sorciers actuels, et cette phrase eut le loisir de me faire prendre conscience que les interférences dans ma magie pouvaient bien résulter de morcellement de mon essence vital entre le fragment du démon et l’Omnium Scientam. Il passa près de moi. Profitant qu’il ait le dos tourné, ma main se posa sur mon abdomen. La pression me fit serrer les dents, et d’ailleurs je me demandais comment j’arrivais à rester debout sans vaciller. Sans doute sa présence. J’avais toujours un orgueil de lui tenir tête. C’est ce qui avait amené à des passions déchainées pour apaiser les tensions à de nombreuses reprises. Mais pas ce soir. Je ne tenais pas à répéter la même erreur une deuxième fois. Son odeur cependant m’enivra, me plongea dans les temps d’autre fois, quand je pouvais enfuir ma tête dans le cou du démon, m’abandonner à cette étrange odeur de feu, une bonne odeur de bois brûlé, mêlé à quelque chose que je n’arrivais jamais à définir. Une emprunte qui faisait de Barbatos, Barbatos. Mais ça c’était avant, enfin non ce serait…si ma personne n’intéressait le Barbatos de cet espace temps que parce que je l’intriguais, je ne pouvais m’empêcher de noter certaines choses qui n’avaient pas changé. Il ne manquait plus qu’il siffle pendant qu’il se faisait agent immobilier. Si j’avais été plus en forme, j’aurai sans doute changé la décoration en quelque chose qui correspondait plus à notre goût.

Ses déplacements rapides ne me faisaient plus sursauter, ni ne me surprenait. L’habitude de le côtoyer. La proximité, ce regard. Dans d’autres temps, je n’aurai pas eu de retenue, je me serais emparé sans scrupule de ses lèvres si fines, si cruelles à avoir cet air entreouvert et souriant. C’était si tentant que cela me torturait encore plus. Mais au fond de moi, quelque chose m’empêchait d’avoir un contact avec Barbatos. La douleur…je ne savais pas si la farce de Lucifer marchait aussi dans le passé. Un sourire s’esquisse sur mes lèvres, alors que mon regard fatigue prend une espiéglerie nouvelle. Jouer, cela était plus fort que moi, même en ayant une plaie infectée qui me rongeait de l’intérieur. J’aurai pu mourir dans la minute, mais devant une telle perche je ne pouvais me taire.

«hmmm…en effet j’en ai la connaissance…et c’est bien ce qui m’empêche de me vouer à cet amour courtois que tu chéris tant, j’ai cessé ces manières le jour où tu m’as donné ton nom….cependant je ne te qualifierai pas d’homme entreprenant…non...ce serait encore trop faible et vulgaire comme terme …tu es le comte des belles tournures libertines… »

Un moment de silence, j’observai la prunelle de ses yeux. Mon sourire s’élargit avant de se transformer en un petit rire. Il était un livre ouvert parfois. Je voyais l’excitation peinte sur sa figure, en plus du dédain apparent et de l’intérêt qu’il me portait.

« Mon petit doigt me dit que tu t’es baladé dans le futur… »

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Dernière édition par Leigh E. Cooper le Jeu 3 Mar - 0:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: How we meet again | Barbatos   Lun 27 Déc - 16:31

« Hm, original... Chacun ses plaisirs après tout. Je ne vous apprends rien en disant que la zoophilie ne m'a jamais guère attirée. En outre, Zeus fut le maître incontesté en ce... domaine-là ». Je dis cela d'un ton badin, pas plus intéressé que lui par ces informations. Je me redresse, lentement tandis que mon regard passe au peigne fin ce monsieur. Bien amoché, comme quoi, les animaux ne sont pas tendres... Blague à part, j'avais déjà eu connaissance de sa blessure. En effet, j'avais senti l'odeur du sang dès mon arrivée. Certains démons sont très sensibles à l'hémoglobine, et cela me concernait. On met cette attirance pour le liquide pourpre sur le compte d'un long côtoiement avec les vampires. Cette explication me semble un peu facile, mais en y réfléchissant, lorsque des vampires nous invitent à dîner, nous savons bien à quoi nous attendre. Voilà une des raisons pour laquelle les suceurs de sang et les damnés s'entendent à bien... « À merveille », j'aurais légèrement hyperbolé le tout. De un, tous les démons n'entretiennent pas des relations cordiales avec les mordus, et plus généralement, avec les autres espèces magiques. Il est difficile pour eux d'accepter mort-vivants, chiens battus et autres spécimens à leurs côtés ; dès lors, mes confrères s'amusent à faire une guérilla. Mais comme je l'ai déjà mentionné, cela n'engage qu'une partie de mes semblables. Une autre essaye, au contraire, de nouer des rapports... « Homicides, voire son grand frère le génocide, les meurtres de masses, les virées à Las Vegas etc. » Quant à ma personne, j'ai de bonnes comme de très mauvaises relations avec les créatures magiques. Je peux m'entendre à merveille avec la belle louve Sia, partir chasser en sa charmante compagnie l'humain le soir de pleine lune, autant son frère le gros poilu m'enquiquine légèrement. Avec les sang-froids, cela varie suivant les saisons. Mais majoritairement, je préfère fréquenter des individus avec une température corporelle. Cela me rappelle ce jeune homme, hier, dans la ruelle... Blond, la peau très claire tout comme les yeux, mon gouter se baladait tranquillement. Enfin, jusqu'à ce que je fasse irruption. Là, je précise, une entrée de toute beauté (la veille je m'étais rendu au théâtre... représentation de Hamlet. En m'attardant sur ce point, le prince est admirable ! Non pas pour son monologue, mais pour son aptitude à faire mourir tous les gens qui l'entourent... Merveilleux) ; je fumais une cigarette le haut d'un immeuble, et un... deux... trois... six étages en trois secondes et huit centièmes. Manifestement, mon steak sur pattes n'a pas apprécié... Un peu trop théâtral peut-être ? Mais je n'ai pas eu le temps de lui demander... Quoiqu'il en soit, ce fut une jouissance lorsque j'ai senti son corps s'emballait. Je m'étais approché de lui, sourire aux lèvres, tapant son rythme cardiaque de mes mains... Poum poum, poum poum, poum poum. Je me souviens encore très bien de cette cadence, j'allais dire, endiablée. Ahah. Et si je revenais à ce charmant jeune homme là ? Je prends du bout des doigts son menton, lui faisant ainsi pencher la tête en arrière, puis à droite, puis à gauche. Hm... Je le qualifierais de « bon diner », vu l'état usé de la marchandise. D'un coup, je vais à l'autre bout de la pièce, passant mon index sur une armoire ; un tas de poussières colossal l'accompagne. Petit sourire narquois. Je lève à mon tour la tête, une petite moue sur mon visage. « Mon cher, permettez-moi, je trouve que cette pièce manque de luminosité ». Et de propreté. Sans attendre une réponse affirmative ou négative (quel intérêt ?), je frappe deux fois dans mes mains. De vieilles chandelles s'allument, et avec elles, deux trois bougies. Je pose mon regard sur lui, satisfait. « Cela donne une ambiance assez... intime, ne trouvez-vous pas ? ». Le seconde suivante, mon sourire avait disparu et je plaquai le sorcier contre le mur, sans ménagement. « Oups, votre blessure... Un peu plus, un peu moins, quelle différence ? ». Mon souffle se mêle au sien, déjà ses forces diminuent. « Vous disiez ? Je n'ai capté que... comte des belles tournures libertines. Votre petit doigt ? Généralement, je préfère utiliser mon index, voyez... Tandis que je passai mon doigt sur ses lèvres desséchées, sur son cou, le laissant se balader jusqu'à sa blessure. J'y exerce une pression, la relâche, souris. Je porte mon doigt rouge de son sang à mes lèvres, le goute. Des images viennent à mon esprit, nuits enflammées, corps enlacés, ma respiration se fait saccadée... Voilà un des effets de l'hémoglobine. Je ne quitte pas des yeux... Leigh ? Ce prénom m'avait été comme murmuré lors d'une vision précédente, ma propre voix... « En effet, le futur m'a l'air... contrasté. J'ai bien et bel l'impression que vous allez causés ma perte sorcier ».


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MessageSujet: Re: How we meet again | Barbatos   Mar 28 Déc - 1:04


« Personnellement ce qui m’a attiré , c’est un certain démon dont l’élégance de manier une fine lame pour tracer de si jolies arabesques dans le corps d’un homme avant de le tuer avec une grâce si rare que cela rend son geste poétique »

J’ai toujours eu pour sa façon de faire une étrange fascination. Il y avait comme un art dans ses tueries. C’était toujours d’une cruauté nouvellement définie, d’une teinte tragique, mais je ne pouvais me lasser de le voir faire. Je le trouvais plus beau jamais. Malade vision, pour un œil sain. Mais je suis fou, comme sous un enchantement. La beauté se trouve dans les plus atroces images disait-on, c’est en accompagnant Barbatos dans ses chasses que je l’ai réalisé. L’embrasser…goûter ce sang dont il se délectait, partager ces moments de jouissance avec lui, c’était malsain, mais seulement pour les mœurs de ces gens qui ne savent pas ce que c’est que d’aimer quelqu’un réellement. La notion d’amour est devenue obsolète, inexploitée. Pour ma part, je ne tuais qu’exclusivement des sorciers pour Morgane. A chaque fois je sentais leur flux magique s’étrangler, combattre la mort bien après celle de leur propriétaire. C’était un geste mécanique, une exécution à laquelle je ne m’intéressais pas. J’avais d’autres devoirs à remplir et ces morts ne m’étant d’aucune utilité. Enfin, cela a changé après mon séjour en enfer. Mephisto me faisait me délecter de ce que je faisais, les tortures, la traque. Je ressentais cela de façon inouïe.

Son charisme s’impose dans ces lieux. Il domine la situation, prend des initiatives. Si cela n’avait tenu qu’à moi, si j’avais eu la force, j’aurai fait de cette misérable chambre une demeure digne de ce nom. Mais je n’étais pas de nature à me justifier. Je ne faisais que subsister avec ce que j’avais, c'est-à-dire rien, maintenant que ma magie ne voulait pas fonctionner. Je ne voulais pas l’utiliser, de peur que quelque chose tourne mal. Je ne tenais pas à attirer l’attention sur moi, surtout que j’étais incapable de me défendre. Mon regard s’attarda sur ces chandelles. La danse de leur flamme, silencieuse, gracieuse…cela me rappelait des souvenirs…allumer des chandelles avait été mon premier exercice avec ma mère. Des sourires et rires perdus aujourd’hui. Malgré la noirceur de mon âme et de mon cœur, je la tient dans mon cœur, cette femme qui a insufflé en moi une partie de ma puissance et une part d’humanité qui fait de moi un monstre encore plus machiavélique, car conscient, complètement conscient de ses choix.

Un son sourd, un gémissement étouffé, de la poussière s’envolant autour de nous. Mon regard dans le sien. Je le toise, le défie, aucune peur sur mon visage. Je n’ai jamais eu peur de lui, même si je savais de quoi il était capable. Ce n’est pas ce soir que cela changerait. Certes, la douleur se fait sentir, comme un arc parcourant la plupart de mes muscles. Une secousse désagréable. Je ne sais toujours pas comment je fais pour rester éveiller, debout, je sens ces tremblements, mon corps est à l’agonie, il crie au repos, demande que j’ignore…la force de l’esprit sur le corps…si on veut…ou simplement une obstination d’avoir le dernier mot.

« Aucune » répondrai-je dans un souffle.

Un regard d’appréhension alors qu’il avance son index, presque un murmure pour fuir son toucher…puis rien… cela fait 4 ans que je n’ai pu le toucher, que je n’ai pu sentir sa peau contre la mienne. Ce doigt sur mes lèvres, je frissonne…mes lèvres s’entre-ouvrent…mon cœur s’accélère…je réalise alors qu’il trace une route dans mon cou, sur mon corps, combien je suis froid…je me fais violence pour ne pas poser mes mains sur lui, pour ne pas m’emparer de ces lèvres, pour ne pas l’emprisonner à nouveau à moi. Ma respiration s’accélère, mon visage se crispe…le salaud…un sourire se forme sur mes lèvres…suis-je à son goût ? Très certainement…mais je ne pensais pas que le sang d’une plaie souillée pouvait être au goût de quelqu’un. Mon sourire s’efface…mon cœur s’efface…mon regard dérive…j’ai envie d’être d’une mauvaise foi, j’ai envie de répondre que c’est de sa faute, qu’il aurait dû rester là où il était. Mais aucun son ne sort de ma bouche…cela serait une trahison…il s’est sacrifié pour moi, parce que ma recherche de puissance, de jouer avec le feu, la mort avait emporté le pas sur la raison. Peut-être devrait-il me tuer sur le champ, éviter de me connaitre dans l’avenir…peut-être que cela serait la meilleure option. Mes yeux se ferme…mes forces m’abandonnent…Mephisto en rit…je le sens jubiler...je le sens tirer sur ces sangles invisibles. Ce n’est pas le moment de perdre pied. Je ne peux lui permettre de s’échapper, il est à moi, à mon âme mutilé. Mais j’entends sa voix se faire pressante, je l’entends murmurer sa phrase avec un rire mauvais. Je me force à rouvrir les yeux, une lueur de sa présence dans les yeux , avant que je ne la fasse taire...ma vue n’est guère celle des bons jours…je commence à ne plus distinguer les détails. Mais l’aveu sort, comme une libération de le formuler…une culpabilité que je porte en moi …

«pardonne-moi» articulai-je difficilement

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MessageSujet: Re: How we meet again | Barbatos   Mar 11 Jan - 23:41

« Le pire pêché envers nos semblables, ce n'est pas de les haïr, mais de les traiter avec indifférence ; c'est là l'essence de l'inhumanité. C'est là que j'excelle, c'est là que je me complais. Il n'est pas plus plaisant que de pêcher ainsi, en ignorant les autres. Ce jeune homme n'échappe pas à ce principe, il devrait s'en douter. Savoir qu'il avait un attrait pour moi ne m'intéresse guère plus que la logeuse de l'immeuble d'en face et ses quatre vingt trois chats. Si je devais porter un intérêt à toutes les personnes qui sont tombés sous mon charme, bon Dieu... Je les vois vite succomber, oui, succomber à mon charme. Mes lèvres, mon regard, ma voix encouragent docilement leur descente aux Enfers. Et qu'il est bon de faire ainsi disparaître la vertu. Concernant ce charmant garçon présent, le vice avait déjà une bonne empreinte chez lui. Manifestement, ma compagnie était des plus influentes. Mais qu'allais-je donc faire de ce corps bien abîmé ? Je ne fais pas dans le recyclage que je sache... Je dissimule à peine un soupir d'exaspération. Cette situation ne me plaisait pas. Et ce sorcier alors le savoir. J'effleure lentement ses lèvres des miennes, puis ma langue vient caresser la supérieure. Je pose mon regard sur « Leigh ». Le mépris s'affiche un instant sur mon visage tandis que je m'éloigne de lui. Pauvre chose. Mes yeux se détachent de « ça ». Agacé, j'appelle ; « EDRAN ! ». Je fais quelques pas, attendant. Un crac sonore résonne dans la pièce et apparaît un de mes gens, une sorte de nain affreusement combinée à un lutin. Mon serviteur s'incline, tandis qu'énervé, je m'adresse à lui en ces termes brefs et sans appel : « Arrête tes mièvreries pauvre sot, et occupe toi de... lui... », alors que je tournais mon regard vers mon hôte. Après une nouvelle courbette maladroite et ridicule, Edran se traîne jusqu'au sorcier. Le nain était l'un des guérisseurs les plus compétents jamais connus aux Enfers et sa dévotion m'était totale. « Maître, je... il faudrait... il... ». Fermant les yeux, je lui réponds ; « Quoi encore ? » et la pauvre créature de me répondre : « Il faudrait que vous le portiez, je ne le peux pas, il est bien trop lourd pour moi... ». Je me tourne vers lui, un sourire bienveillant aux lèvres ; « Mais bien sûr mon cher Edran, ne t'en fais pas... ». Mon serviteur recule jusqu'au mur, effrayé de ma réaction. Il ne me connaissait ce ton mielleux que lorsque mon humeur était massacrante, et je le nommai Edran seulement lors de rares occasions... Je m'avance donc vers lui, souriant, l'air aimable. « Maître, non, pardon ! Je... argh ». J'ai toujours apprécié le bruit causé par sa figure laide lorsqu'elle rencontrait violemment un mur solide. Je me dirige vers le sorcier ; « Une demoiselle en détresse... ». Je le prends doucement dans mes bras, et dans une étreinte solide je le porte jusqu'au lit dont les draps étaient défaits. Malgré la courte distance, nos peaux se sont une nouvelle fois caressées, et nos souffles mêlés. Avec une grande délicatesse, mes doigts enlèvent un à un les boutons de son haut. Ceci fait, ma main droite remonte lentement le long de son torse, puis j'écarte les pans de sa chemise. Entre temps, Edran s'était relevé et avait eu la bonne initiative de préparer des baumes réparateurs. Je domine le jeune homme de toute ma taille, je me sens dériver... Il y a ces images... Plaisantes, je dois bien l'avouer... Mais que cet aveu me coute cher ! Je glisse vers... ce futur... ce Leigh... « NON ! ». Le nain sursaute, horrifié, alors qu'il me tendait la crème guérisseuse. Je reviens peu à peu à moi, à ce moi de maintenant, à cette réalité... Je me rends compte que mon souffle s'était accéléré, une nouvelle fois... Et mon rythme cardiaque battait des records. Je n'avais pas bougé, au dessus du blessé. Me redressant, j'attrape le bol préparé par mon serviteur avant de le congédier sèchement. Je me penche et passe le baume sur les nombreuses plaies, alors que quelque unes de mes mèches tombaient sur le cou de l'homme. Ce soin semblait au premier abord tout à fait agréable, un soin efficace... Bien sûr qu'il l'était. Après l'avoir étalé sur les blessures les plus importantes, je me recule, observant la scène, un sourire malveillant aux lèvres. Je prends place sur le fauteuil, ne quittant pas des yeux l'infirme. Cinq... Quatre... Trois... Deux... Un... Cicatrisation à vif des plaies, autrement dit, immense douleur. Il faut combattre le mal par le mal après tout... Lorsqu'on applique ce soin à un malade, il semblerait qu'une sorte de... « feu » circule dans les veines et les artères, jusqu'aux plaies qui guérissent. Dans une grande souffrance. Le silence s'installe. « Je ne vous ai pas aidé, au contraire, vous laissez mourir aurait été une délivrance pour vous. Au lieu de cela, je vous soigne, mais nous n'allez pas vivre, vous allez survivre... Avec vos peines, vos tourments, et votre méprise de vous-même assurément ». Ici je marquai une courte pause. « Votre pardon, je n'en ai que faire ». Puis mon ton changea, ma mine se décomposa ; « Pourtant, je vous veux ».


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MessageSujet: Re: How we meet again | Barbatos   Dim 16 Jan - 1:24


"Le désir, de sa nature, est souffrance ; la satisfaction engendre bien vite la satiété ; le but était illusoire ; la possession lui enlève son attrait ; le désir renaît sous une forme nouvelle, et avec lui le besoin ; sinon, c'est le dégoût, le vide, l'ennui, ennemis plus rudes encore que le besoin. " - Arthur Shopenhauer

J’étais à peine conscient, voguant entre 2 états de conscience qui donnait une impression que plus rien ne comptait. Je n’avais définitivement plus aucun repère, plus aucune notion du temps ou de l’espace, ni même la conscience de la douleur. Étais-je mort ? Étais-je dans le coma, cet intermède entre la mort et le sommeil. Je ne pouvais le dire. J’avais certes encore de vagues perceptions, entendit ce qui semblait être le fracas d’un crâne contre un mur. Je sentis comme un changement de support, une chaleur, si familière, si omni présente, s’infiltrant dans ce corps malade et agonisant qu’était le mien. Une chaleur qui m’enveloppa, me berça dans une illusion que rien ne pourrait plus m’arriver. Un délicieux oubli vers lequel je me glissai sans peine, me rappelant ces jours où paresseux je restai dans ses bras, appréciant sa force, sa protection, surtout dans mes jeunes années. Je n’avouai qu’à demi-mots qu’il avait longtemps été mon guide, celui qui a fait de moi un véritable homme, je ne l’avoue guère, car je n’aime pas penser que j’étais autant dépendant à lui. Un espoir reste cependant, même dans mon état. J’espère qu’il suivra sa nature, qu’il mettra fin à ma misérable existence et que jamais nous allons nous rencontrer. Mais un espoir n’est qu’un espoir, une sottise dans un monde qui ne connait pas cette notion de réconfort. Il me semble que je change encore de support, un support plus dur que celui de départ. La chaleur s’éloigne, je crie presque qu’elle reste, car le froid me pénètre à nouveau de toutes parts, je suis attaquée par la mort qui m’appelle. Elle attend, assise à mon chevet de me reprendre, patiente et silencieuse. Je lui ai échappé une fois, mais la deuxième fois elle comptait sans doute me garder. Mais semble-t-il mon heure n’est pas encore venue. Un toucher étrange sur la source de mes peines. Pas une véritable douleur, pas une véritable sensation, je sais qu’il est toujours à côté de moi, comme un contraste avec le silence et la noirceur qu’il règne dans mon subconscient. Jamais de ma vie je n’avais été aussi seul, c’est effrayant et reposant à la fois. Je suis tiraillé, piégé dans un monde où je ne suis qu’objet.

La chaleur s’en va, définitivement de mon champ de perception. Le calme règne, un calme qui ne présage rien de bon. Immobile j’attends, une attente surréaliste avant de sentir dans mes veines comme un serpent…des serpents….des serpents de feu. Ils se meuvent, tel des TGV vers mes plaies. Le retour à la réalité est brutal, de rien, j’en viens à tout ressentir. Je n’ai pas où me cacher où fuir. La douleur se fait maitre, elle s’infiltre dans mes pores, accélère ma respiration, m’étrangle. Je suffoque, l’air me manque. Mes mains agrippent les draps, les serrant à s’en blanchir les phalanges. Mon corps devient un arc, parcouru de spasmes violents et incontrôlables. Ce n’est pas la pire douleur de ma vie, mais elle m’arrache des gémissements, des tentatives de reprendre mon souffle. Et dans cette fournaise, Mephisto se délecte. Il adore ce petit spectacle. Il ne s’est pas amusé comme cela depuis 2 ans. C’est ça qui m’empêche de hurler. J’aimerai me libérer, mais je me force à ne pas le satisfaire. Il n’attend que cela. Paradoxalement dans cette douleur je deviens de plus en plus conscient, mes forces reviennent, je me sens revivre. La douleur se dissipe, mon corps se détend, mes mains desserre les draps. Je reste un moment parfaitement immobile, regardant le plafond en épave. Mes esprits se rassemblent, je réalise ce qu’il vient de se passer. Tout est finalement clair, enfin. Je suis vivant. Ma main droite glisse sur le côté du lit , je la laisse posée à plat et ferme les yeux. La surface autour de ma main devient comme de l’eau dans laquelle on a jeté une pierre. Des ondes se propageant à toute la pièce la changeant progressivement. Les murs éventrés laissèrent place à des murs soignés, le sol moisi à un parquet sombre parfaitement ciré et propre. Les meubles prirent des allures modernes avec une touche gothique. Et au final la pièce ressembla rapidement à une chambre d’hôtel au décor sobre, alliant des couleurs neutres et harmonieuses. Ma magie fonctionnait à nouveau correctement. J’en était ravi. J’eu un petit rictus à sa remarque. Bien sûr.


« Je n’en attendais pas moins de vous ….un pardon qu’est-ce donc …une simple fourberie d’un homme atteinte d’une fièvre qui le rend fou »

J’avais retrouvé le vouvoiement. Maintenant que j’avais les idées claires, je ne pouvais le tutoyer. Tout simplement parce que bien qu’il s’appelait Barbatos, qu’il était le Duc des enfers, qu’il se comportait et qu’il agissait comme il devait, ce n’était pas le démon qui partageait ma vie. Ce n’était pas mon Barbatos. Je me devais de marquer cette différence, notamment parce que je ne tenais pas à d’une certaine façon auto-cocufier le démon. Comme si ce genre de promesse avait été fait entre nous. L’habit ne faisait pas le moine. De plus c’était bien plus respectueux à son égard. Je ne me souvenais que très vaguement du début de notre entrevue. J’étais de toute façon presque mort. Je me redresse, posant ma tête contre le pillier de la tête de lit. Je le regarde, assis dans ce fauteuil. Il n’a pas tord. Je survis plus que ne vis et en me laissant en vie, il avait compris ce point fondamental que ma peine maximale n’était pas la mort, mais bien la vie. Il en savait déjà assez sur moi pour agir comme cela. Je cesse de le regarder. Il y a quelque chose que je dois régler maintenant que j’en ai la force. J’execute une série de geste de mes mains, avant d’appuyer sur un de mes tatouages et d’en tirer un fil blanc, un fil qui s’étoffe, alors que je commence à murmurer les incantations qui s’imposent. C’est une procédure compliquée, ma concentration est indispensable sous peine de mutiler ma propre essence. Je finis par sortir Mephisto, qui comme d’habitude refuse de sortir. Mais je ne lui laisse guère le choix. Son bannissement se forme à mes pieds. Ce magnifique chat angora turc qui après un regard de reproche s’en va en pestant en passant près de Barbatos, mêlant grognement et crachat avant de disparaitre. Je me masse la nuque avant de marquer une pause aux dires du Duc. Je le toise du regard, un air moqueur sur le visage.

« Qui parle à travers ces dires ? Vous ? Vos visions ? Où son emprunte qui semble dicter vos actes en cet instant même ? »

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MessageSujet: Re: How we meet again | Barbatos   Ven 11 Fév - 19:55

Vraiment, la souffrance physique est un spectacle dont je ne me lasserai jamais. Les muscles se tendent, les traits se crispent, puis le corps se tord dans une parfaite symphonie. Un sourire de ravissement se dessine sur mon visage. Le menton posé contre les phalanges repliées, j'observe et apprécie. Il y a des manières de torturer si multiples et variées; j'ai un goût marqué pour les longues et sanglantes. J'ai par ailleurs une vampire pour compagne de torture, nommée Andrea. Une sorte d'alter égo en viande refroidie, si l'on veut. Je la rencontrais un soir d'été, au Texas. Affamée, la demoiselle avait pris son repas dans un bar qui longeait l'autoroute menant à Austin. Autant dire qu'il y régnait un sacré carnage. Arrivant sur ces entre faits car attiré par l'odeur du sang, j'avais alors assisté aux « supplices andreaniens », comme on se plait à les nommer. Bien qu'ayant au préalable côtoyé les vampires et même en ayant été le témoin privilégié des scènes de repas les plus horrifiantes et cruelles, je fus agréablement surpris par tant d'inventivité et de machiavélisme. Interrompue pendant sa petite séance, la demoiselle m'avait lancé un regard des plus outragés; le défi avait été lancé. D'un commun accord, nous entreprîmes de saigner les derniers malheureux qui avaient eu la regrettable idée de se cacher. Enfin, puisqu'il est connu que la soif de combat stimule l'appétit sexuel, j'honorai ma nouvelle compagne les six heures suivantes. Nous quittâmes les lieux alors que les voitures de police débarquaient; nous étions les nouveaux Bonnie et Clyde, façon vampiro-démoniaque. Aussi étonnant que cela puisse paraître, j'appris bon nombre de chose d'Andrea, qui avait vécu aussi longtemps que moi. Satisfaits l'un de l'autre, et après de longues nuits charnelles, nous nous racontâmes quelques anecdotes du bon vieux temps. Je suis certain que la belle refroidie aurait eu de charmantes idées à l'esprit quant aux manières de s'occuper de ce sorcier là. Je dois bien me l'avouer, Andrea me manque; personne d'autre ne s'amuse autant qu'elle quand il s'agit de faire souffrir. Enfin, qu'importe, la solitude m'est compagne depuis bien longtemps. Je reporte mon attention sur le blessé; bon potentiel magique. L'indifférence laisse place au mépris quand Mephisto, dont j'avais reconnu l'empreinte, se matérialisa, sous l'effet de la magie du sorcier, en chat. Je ne sais vraiment pas pourquoi, mais les chats m'ont toujours inspiré du dégout. Ce félin là ne fait aucunement l'exception. Le suivant des yeux d'un air dédaigneux, j'éprouve pour le sorcier autant d'hostilité. Quoiqu'il en soit... Il faut bien faire avec ce que l'on a. Je me lève du fauteuil, m'étire de tout mon long, faisant ainsi jouer mes muscles. Aux paroles de l'homme, je tourne immédiatement le regard en sa direction. Méprisant, d'un mouvement rapide, je me retrouve d'une seconde à l'autre sur le lit; mon corps près du sien, ma main enserrant son cou, j'articule, tranchant : « Assurément, si j'étais totalement maître de mes émotions, jamais je ne pourrais ressentir cette... attirance pour vous. Je n'en éprouve pas moins de la répugnance ». Le regard perdu, je cherche à m'analyser et me comprendre. « D'ailleurs, je ne peux saisir... Comment ais-je pu trouver un quelconque intérêt en vous ? ». Mes yeux croisent les siens, cherchant vainement une réponse plausible. Or il est déjà inquiétant pour moi de prendre tant de soins à poser une telle question. D'ordinaire, elle ne me vient jamais à l'esprit.


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MessageSujet: Re: How we meet again | Barbatos   Jeu 3 Mar - 2:08

Douce main enserrant ma gorge. Puissante et sensuelle. Cette main, je la connaissais aimante, des caresses chaudes, élégantes, passionnée. Je la connaissais vulgaire, arrachant un gémissement dans une ruelle par un subterfuge bien bas. Cette main je la connaissais trompeuse, mortelle, une arme dans un gant de velours. Je connaissais Barbatos dans le futur, là je savais que je n’avais pas à le craindre. Il pouvait me faire mal, intentionnellement, mais j’aimerai à croire qu’il s’imposait une retenue. Mais en 2010, Barbatos n’était pas le démon que je connaissais. Il pouvait aisément me faire comprendre que je n’étais rien pour lui, extériorisant sa frustration de ne pas avoir le contrôle de lui-même. Bien sûr j’avais la force de le repousser, de me protéger de lui, ma magie était suffisante à m’enfuir, me cacher, ne plus le voir. Mais cela faisait tellement longtemps que je n’avais plus rien senti. Personne n’avait vraiment réalisé que je n’étais plus là quand je suis revenu des enfers. Le temps s’écoule différemment sur Terre qu’en Enfer. 1 an, qu’est-ce dans la vie d’un mortel ? On m’a demandé pourquoi j’avais fait cela. Pourquoi j’avais mutilé mon âme en lui assignant un fragment de démon à perpétuité. L’on me pensait fou, l’on pensait que j’avais perdu la tête, que j’étais endommagé. Loin de là. J’aurai pu répondre que comme ça aucun démon n’allait piéger mon âme dans la tourmente ou que comme ça j’avais libéré ma famille de sa malédiction. Que de nobles buts ? Non, loin de là. Je n’ai jamais été plus efficace qu’après mon retour. L’amour ? Je ne le ressens que partiellement. Le regret ? Amèrement, mais superficiellement. La douleur ? Omniprésente et chaleureuse. J’ai détruit mon capital humain, le déréglant au point de devenir un véritable psychopathe ne suivant jamais ses impulsions. Je n’ai plus rien d’humain depuis semble-t-il une éternité. Je ne me sens pas humain d’ailleurs, ni sorcier. Je ne suis rien qu’un grain de poussière dans un rouage bien trop huilé. Je n’ai pas ma place, je n’ai pas de place et c’est ce qui dérange.
Alors sentir ce contact prolongé, me faisait vibrer. Mon regard d’un bleu assombri le regarde sans cesse. Je ne peux me défaire de lui. Je n’ai jamais pu. C’est lui qui m’a formé, a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, j’éprouve pour lui une affligeante affection, un attachement qui est reliée à ma nature humaine. Je me sens afficher un air profond, relaché, comme si l’heure était grave. Ce n’est pas une réaction à avoir face à un Duc des enfers. Mais je suis tiraillé entre celui que je connais et celui que j’ai devant moi.

«C'est une question à laquelle je ne peux que fournir des hypothèses…je suppose qu’il avait ses raisons, mais au vue des choses, ce futur…n’existe plus»


C’était étrange de se dire que l’époque à laquelle on évoluait avait sans doute été fortement altérée par ces quelques personnes qui étaient revenues en arrière pour change le cours des choses. Il y avait dans mes propos un appel à l’apaisement, il n’avait pas besoin de se poser cette question, car après ce qui venait de se passer, nous n’allions sans doute jamais nous rencontrer dans l’ordre chronologique qui avait été. Jamais cependant, cela serait sorti plus explicitement de ma bouche. Je m’inquiétais pour lui, était sensible à son questionnements, ses doutes, mais jamais cela se présenterait de manière flagrante. Je l’ai appelé, car je n’avais personne vers qui me tourner et personne qui aurait pu me remettre sur pied aussi rapidement. Malheureux constat, mais j’ai au moins su bien m’entourer. Certes il me tient par la gorge, mais ma main se pose sur son bras. Je n’aime pas rester longtemps dans une position d’infériorité. Me mesurer à un être immortel est suicidaire, mais après tout, qu’ai-je à perdre. Je connais un sort qui le fera relâcher sa prise, juste assez de surprise pour m’emparer audacieusement de ses lèvres. Cela fait tellement longtemps et de ce que je me rappelle des événements précédant ma guérison, je me rappelle avoir senti sa bouche titiller la mienne.

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MessageSujet: Re: How we meet again | Barbatos   Lun 25 Avr - 19:49

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MessageSujet: Re: How we meet again | Barbatos   Sam 30 Avr - 1:38

Je l’écoutais, en silence, ne le quittant pas des yeux. Parfois il faisait cela. Me dire ce qu’il entendait. J’étais un sourd, quoique depuis que j’avais Mephisto en moi, j’entends parfois des murmures autres que ceux de mes aïeux, mais ce ne sont que des bribes. Je respectais Barbatos pour cela, prêter attention à ces choses. Je me rappelle un jour de jeunesse, j’avais trop bu, trop abusé de la fête. Il était venu je ne sais plus vraiment pourquoi, mais je me rappelle que dans un rire d’imbécile je l’avais appelé Dieu. Cela ne lui avait pas réellement plu, enfin cela n’avait pas plu ni à ma joue, ni à ma poitrine, ni à mon dos…une jolie boule de feu me projetant contre un meuble…mais d’un autre côté, je pense qu’il avait apprécié, car dans un sourire, il avait ensuite pris soin de moi de la meilleure façon qu’il soit. C’est comme cela que j’ai appris à réfléchir avant de parler. N’empêche, nos joutes verbales avaient donnés lieu à des scènes assez puissantes et intenses. Son discours se termina, en même temps que sa main relâcha ma gorge. Je me redressais, l’observant se dévêtir avec une lenteur voulue. Je ne pus cacher un sourire. Futur ou présent, son petit côté aimant se faire languir restait le même…tout comme le corps. Je redécouvrais des courbes, une peau, un buste que je ne voulais que toucher. Je me consumais de pouvoir le faire, après tant de temps à n’avoir pu toucher celui avec qui j’aimais passer mon temps.

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